Anorexie : Thérapie phase 1

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Conclusion


"Corps ennemi"

J'ai passé la majorité des plus belles années de ma jeunesse, soit de 12 à 25 ans, martyre de mon corps, plus particulièrement en vivant les affres de l'anorexie.


Au début de l'adolescence, je vis très mal la transformation de mon corps. Je n'étais pas prête à cette mutation et surtout aux effets qu'elle produisait sur la gent masculine. Pour tenter d'arrêter le temps, j'ai donc décidé de perdre quelques kilos et, bien malgré moi, je suis tombée dans l'anorexie.

Ainsi pendant toutes ces années, ma vie n'a été que contrôle de mon alimentation. Et très vite, je suis devenue l'esclave d'obsessions caractéristiques telles que «rejet absolu des graisses et sucres», «me nourrir toujours le moins possible» et «me dépenser sans cesse pour perdre le maximum de calories».

Grâce à cette guerre assidue, je suis parvenue à re-sculpter mon corps. Très rapidement, je n'étais plus une femme, mais un être entre deux sexes. Cet état intermédiaire me sécurisait. J'étais un être plat, sec et nerveux, tel un Giacometti. L'absence de seins, de cuisses et de courbes, soit de rondeurs caractéristiques féminines, me permettaient de ne pas attirer le regard des hommes. En effet, je n'étais pas prête à rentrer dans le jeu culturel du comportement typiquement féminin avec notamment un maquillage spécifique pour avoir des yeux de biche et une bouche rouge sang pour éveiller le désir, ou encore un habillement spécial pour aguicher ou une démarche alanguie pour être bien remarquée. Cela me semblait tout simplement un manège vulgaire et pitoyable auquel les femmes se rabaissaient pour plaire aux hommes. Mon nouveau physique avait également un autre avantage, soit celui de ne pas susciter la jalousie des autres femmes, car je ne risquais pas de leur prendre leur petit ami.

En somme, mon corps devait me permettre de me déplacer et ne jamais se rebeller, puis je devais en échange le garder propre ; tout cela me suffisait. Sinon, il n'était qu'un boulet, car l'unique partie que j'estimais valable en moi était finalement mon cerveau.

Mais je trouvais que je n'en faisais jamais assez. Et malgré tous mes sacrifices qui s'étaient couronnés par un corps cadavérique, ma tête était toutefois incapable de le reconnaître. Je développais alors des phobies très caractéristiques. Selon moi, j'étais encore trop grosse. Je me voyais carrément tel un Botéro, car en pinçant ma peau entre deux doigts, je sentais toujours une couche de graisse, certes infime, mais présente, et j'étais obnubilée par l'idée d'éliminer impérativement cette matière immonde.

Mon obsession m'a alors conduite a un véritable repli sur moi-même. Non seulement, je refusais tout contact physique avec l'extérieur que je percevais comme une véritable agression microbienne ; mais aussi, je ne supportais plus le moindre toucher ou frôlement, toujours pleine de méfiance envers quiconque.

Mes 34 kg de chair pour 1,64 m était finalement 34 kg de trop. Cette folle poursuite contre la graisse et le désir de n'être que «pur esprit» m'ont bien évidemment menée à la dépression profonde et l'envie de mourir. J'en étais tout simplement arrivée moralement et physiquement à ne plus avoir la force de vivre. Et les seules solutions qui se sont présentées à moi étaient soit d'en finir une fois pour toute, soit de demander de l'aide auprès d'un spécialiste. Ma tentative de suicide ayant échoué, j'ai consulté un thérapeute compétent dans le domaine des TCA (Troubles du Comportement Alimentaire).




























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