Anorexie : Thérapie phase 3

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Corps "ami"

Grâce à la thérapie, j'ai pu par conséquent reconsidérer le rôle de mon corps, qui n'était alors qu'un instrument et, surtout, un ennemi retors qu'il fallait impérativement dompter, sous peine de finir par être trahie un jour ou l'autre.

Pendant toutes ces années, j'étais anesthésiée, ne voulant pas être esclave de mes sens ; soit tel un robot, quasiment déconnectée de moi-même et de mes émotions. Je luttais contre ce physique qui était à mes yeux synonyme de souffrances avec les privations, la maladie et la douleur, trahison avec le sport et l'obligation de s'entraîner en permanence sous peine de perdre tous les bénéfices que l'on avait difficilement acquis, révolution avec l'arrivée de l'adolescence et ses multiples changements psychiques et physiques et, enfin, déchéance avec la vieillesse qui entraîne une dégénérescence et une perte des capacités motrices et intellectuelles.

Le travail que j'ai effectué a donc été fastidieux, et j'ai failli souvent abandonner, tant j'étais envahie par le doute et la peur de me perdre ; mais il en valait amplement la peine.

Dorénavant, grâce à tout mon travail de remise en question de mes mécanismes mentaux, je peux affirmer que mon corps est devenu mon «partenaire». En me construisant une intériorité, je suis non seulement moins inquiète quant à mon apparence, mais j'ai aussi découvert une nouvelle personne, dont une femme.

J'ai ainsi appris à concevoir le sexe féminin autrement que comme un individu soumis et uniquement «aimable» que s'il conserve un physique agréable et qu'il le maintient jeune et mince (sous peine de perdre l'intérêt de son compagnon). Je suis parvenue à reconsidérer les courbes féminines, soit plus comme un excès, mais tout simplement comme une spécificité.

J'ai dû également travailler sur ma conception de la sexualité et dépasser l'idée de femme comme l'éternelle «proie» de l'homme et les notions de corps «péché», «animalité» et «bas instincts», salissure et perte de contrôle de soi.

Ainsi, après avoir dépassé des stades tels que «me donner le droit au plaisir», puis accepter de m'engager sur une longue relation, soit une attitude plus adulte et responsable, mon exploration est devenue une occasion de mieux me connaître et de mieux connaître l'autre. A présent, mon corps est donc devenu un partenaire fabuleux auquel je dois demander pardon. Celui-ci me fait découvrir chaque jour un peu plus les merveilles de la vie : plus particulièrement les sens comme le toucher (dont les massages et les étreintes), le goût et ses multiples variantes que nous offre la nature et l'art culinaire ou les odeurs. Effectivement, auparavant, seuls la vue et l'ouïe me semblaient dignes d'intérêt.