Boulimie : Thérapie phase 1

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Le chemin vers l'espoir

Et c'est ainsi que je suis allée DEMANDER DE L'AIDE à l'extérieur : soit consulter un spécialiste dans le domaine des troubles du comportement alimentaire (TCA). Alors qu'anorexique, grâce à ma volonté implacable, j'avais un sentiment de surpuissance ; en tant que boulimique, complétement désemparée, je me sentais alors telle une moins que rien.

Or en consultant un thérapeute, j'ai enfin pris conscience du fait que je couvais bien des problèmes. J'ai alors découvert que, dès ma plus tendre jeunesse, je me démarquais déjà par rapport aux autres enfants. J'étais toujours sage et, même, je n'étais jamais en colère. Tout cela, parce que je ne voulais pas déranger. Je ramenais toujours de très bonnes notes. Tout cela, bien sûr, pour faire plaisir à mes parents et, surtout, pour être acceptée et gagner leur amour.

Par la suite, mon père, que j'adorais, est mort. Et j'ai dû, dès ce jeune âge, déjà beaucoup assumé. Alors, pour trouver ma place, je voulais être absolument parfaite, mais à force de vivre par rapport aux autres, j'étais pleine de peurs de tout (des conflits, des critiques, voire des regards). Puis, avec les années, j'ai fini par développer ce besoin permanent et viscéral d'approbation d'autrui, voire d'être aimée de tous, au point de faire sans cesse mon maximum (soit beaucoup trop), pour être appréciée.
Après tant d'années de privations et de maîtrise strictes, soudain à force de tensions dues à ce désir de perfection, j'ai fini par craquer. J'étais si tendue nerveusement et émotionnellement durant la journée, que je n'avais qu'une idée pour m'apaiser dès que je me retrouvais seule en rentrant à la maison : manger.

Or grâce à ma thérapie, j'ai bien vite réalisé que cette obsession du corps était notamment une fixation pour ne pas penser à tous les tourments réels, profonds et surtout très lourds qui étaient enfouis en moi.

Ainsi je mangeais :

- pour ne pas penser à mon problème vis-à-vis de la féminité (j'étais certes très attirée par les hommes, mais j'avais une peur bleue de provoquer chez eux du désir. La sexualité était véritablement à mes yeux un monde trop animal et brutal) ;

- pour combler ce sentiment de VIDE SI IMMENSE qui me submergeait à force d'avoir si peu confiance en moi et, surtout, de n'avoir aucune estime de moi-même ;

- pour compenser mes frustrations comme le sentiment de lâcheté que j'éprouvais à force de toujours dire «oui» alors que je pensais «non» (j'en finissais par ne même plus pouvoir me regarder dans une glace) ;

 - pour ne pas faire face à mon angoisse de l'échec (car je voulais absolument tout réussir) ;

- pour étouffer les mots que je n'osais pas ou ne pouvais pas dire (j'étais si convaincue que j'étais stupide et que je ne valais rien que j'étais incapable de donner la moindre opinion) ;

- pour couvrir la colère que je n'osais pas exprimer contre les autres (j'avais si peur du rejet et des conflits que j'étais dans l'incapacité absolue de me défendre) et surtout contre moi-même (j'avais si honte de porter toujours un faux masque de moi-même, soit celui de "parfaite" fille, collègue et jeune femme si performante, alors que je me sentais si creuse au fond de moi).