Boulimie : Thérapie phase 2

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Conclusion










































Quant aux émotions, cela a été un travail fastidieux, mais INDISPENSABLE.

J'ai été très longtemps déconnectée de moi-même avec l'anorexie. Plus précisément, je ne voulais être qu'un "pur esprit" car j'étais hypersensible.

Avec ma très grande vulnérabilité, l'accumulation de blessures et d'attentes affectives vaines m'avait poussé à me construire un monde à moi. Et pour ne plus souffrir, la seule solution que j'ai trouvée a été de me blinder le coeur.

Finalement le corps était vil à mes yeux parce que la chair était imprévisible, parce que les émotions faisaient trop mal (je prenais tout dans les tripes) et parce que les gens m'avaient tant déçue. J'avais ainsi d'énormes blocages.

Or rien que le fait que de commencer à parler à un spécialiste et de me confier à une personne... qui, elle, enfin ne me jugeait, ni ne me critiquait... m'a déjà fait beaucoup de bien pour atténuer non seulement toute la tension que j'avais en moi, mais aussi pour sortir de ce sentiment écrasant de solitude.

Ensuite, comme un bébé, j'ai tout recommencé. J'ai ainsi dû apprendre à identifier mes émotions.

J'étais si déconnectée de moi-même que je sentais bien des troubles, mais j'étais dans l'incapacité totale de dire ce que c'était. Notamment, un beau jour, le spécialiste m'a dit "mais pourquoi êtes-vous en colère ?". Et j'ai soudain réalisé qu'il avait tout à fait raison, j'étais furieuse contre une personne, mais une partie de moi refusait COMPLETEMENT d'éprouver une telle émotion.

Par la suite, j'ai aussi appris que j'avais le droit d'éprouver certaines émotions dites "négatives". Par exemple, dans mon enfance, je n'avais pas le droit de montrer ma colère sous peine d'être rabrouée, disputée, voire de recevoir une claque de ma mère. Ainsi, j'ai très vite compris que je devais étouffer ce que j'avais à l'intérieur pour devenir celle l'on voulait que je sois : c'est-à-dire la très gentille Vittoria, toujours sage et raisonnable.

Mais l'autre Vittoria, celle au fond de moi, qui aurait exprimé ses désirs, ses opinions, ses colères et ses passions, était complètement frustrée, et il fallait bien qu'un jour elle se manifeste.

La boulimie a alors été un signal pour me faire comprendre que je n'étais pas en accord avec moi-même. Plus précisément, elle compensait tous mes refoulements accumulés. Et toute cette violence contenue, je la retournais contre moi-même en faisant des crises.

C'est ainsi qu'à plus de 30 ans, j'ai appris qu'émotion et raison n'étaient pas incompatibles, qu'exprimer ses émotions n'était pas un manque d'éducation et que, surtout, la colère n'était pas haïssable et primaire, mais au contraire un moyen de détecter que nos propres besoins ne sont plus respectés.

Plus précisément, il m'a notamment fallu apprendre à :

- me laisser aller (soit oublier l'idée de contrôle et accepter enfin de ressentir ce que j'éprouvais),

- me confier (en laissant alors derrière moi cette idée que j'étais anormale, que je ne devais compter que sur soi-même, qu'il y avait bien plus grave ailleurs et que je n'avais donc pas le droit de me plaindre, etc.),

- relativiser (notamment en écoutant l'interprétation des autres, les avis d'autrui sont plein d'enseignement pour sortir du comportement de victime toujours négatif et pessimiste envers soi) pour diminuer mes angoisses, puis identifier et gérer mes émotions soit disant négatives comme la colère (émotion que j'étouffais tant en moi par peur d'exploser littéralement un jour au point de devenir extrêmement agressive),

- découvrir mes qualités (et oui tout le monde en a... même si l'on y croit plus).

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